lundi 24 juillet 2017

LES MÂLES HEUREUX

-DES MÂLES QUI RENDENT HEUREUX
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Alain, Philippe et François sont trois copains d'enfance. Ils sont tellement inséparables qu'ils vivent en colocation. Essentiellement grâce au mécénat de Philippe, le seul à avoir un travail stable. Bien que complètement hypocondriaque il fait une confiance aveugle à ses colocataires qui savent s'y prendre pour le faire marcher. Alain s'acharne à écrire la première ligne du roman qui le rendra célèbre. François multiplie les auditions pour percer dans la musique. Ils sont souvent en mouvance d'une nouvelle adresse. Le tout dans la bonne humeur et néanmoins avec quelques bonnes prises de bec qui finissent toujours en réconciliation

Avec beaucoup d'humour et néanmoins une touche de sérieux, Lilian LLOYD met à nu ces trois trentenaires qui tranchent avec les stéréotypes. Les personnalités sont complémentaires tout comme les trois comédiens. Alex METZINGER est Alain le colérique, le névrosé. Sa schizophrénie lorsqu'il prend la plume est extrêmement bien réussie. Benjamin LHOMMAS est François. Sensible, un peu gauche, bourré d'humour encore juvénile. Il passe avec réussite du registre dramatique à celui de la comédie. Quant à Florian MAUBERT il est irrésistible dans le rôle de la bonne pâte hypocondriaque, victime consentante des blagues de ses potes.

La mise en scène d'Olivier FOURNEL est vive, rythmée, jeune, moderne. Il orchestre la cohabitation de ces trois fous comme un ballet ou leurs histoires personnelles se croisent, s'entrechoquent, se répondent, aident les uns et les autres à avancer, à concilier leurs personnalités et leurs aspirations avec la vie en communauté. Les répliquent fusent. La comédie est entraînante. On rit de bonne grâce. On se laisse surprendre par les chansons qui parsèment le spectacle.

Mention particulière pour la scénographie et les décors, ainsi que pour l'affiche très réussie.

Les mâles heureux, de Lilian Lloyd, mise en scène Olivier Fournel, direction artistique Lilian Lloyd, avec Benjamin L'Hommas, Florian Maubert, Alex Metzinger.

En bref : une comédie de copains, fait par des copains. Du rythme, de l'humour, une pointe de sérieux. Le spectacle que l'on attend pour finir la journée en détente avec un trio complémentaire qui va dérouiller vos zygomatiques.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
Le Carnot
16 Rue Carnot 84000 Avignon
du 7 au 30 juillet 2017 - 22h30 - Durée : 1h05

J'AI BIEN FAIT ?

Qu'ai-je fait de bien pour le monde ?

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Ils sont quatre confrontés à la question du but de leur vie. Valentine, la quarantaine, mariée, mère de famille, professeur. Elle débarque sans prévenir dans la vie de son frère, plasticien, qu'elle n'a pas vu depuis des années. Son comportement est irrationnel. Elle vient de commettre un acte incroyable pour elle. Elle y retrouve par hasard une ancienne élève. Bien que dotée de qualités artistiques elle fait des ménages. Quant au mari de Valentine, biologiste reconnu il court après sa femme qui n'a plus de goût.

Quatre individus à différents âges de la vie, à différents stades de leur évolution professionnelle, avec la même quête de sens. Quatre prises de conscience. Quatre exercices de chamboule-tout. Chacun se sent dépossédé, vidé par une absence (de l'autre, de perspective positive,), avec le goût amer de l'échec (scolaire, familial, professionnel, social) et le poison du doute qui paralyse toute tentative d'aller de l'avant. Dans un huis clos étouffant chacun fait un bilan personnel ou le constat des impacts des difficultés de la société sur leur vie (débandade dans l'Education Nationale, crise du couple, du politique, du monde et gestion des conséquences - migrants, attentats - déroute de la création artistique). Et pour chacun le soucis de faire de son mieux, même si le mieux n'évite pas les catastrophes.

La pièce de Pauline Sales questionne l'individu. L'auteure remarquée précédemment pour "En travaux" conçoit le théâtre comme "un outil immédiat de confrontation à soi-même". Sans violence, dirigeant ses acteurs avec précision, sans vouloir donner de leçon, avec une pointe d'humour caustique, s'adressant à tous ceux qui essaient de faire correspondre l'intérieur avec l'extérieur, elle amène le spectateur à s'identifier à ses personnages, à se poser les mêmes questions, à trouver sa propre réponse à la question : et moi, je ferai quoi ? Ça me ramène à quoi ? Au-je bien fait ?

Les quatre comédiens sont d'une grande justesse. Avec sensibilité ils expriment les fragilités de leur personnage, leurs forces aussi. Le spectateur s'identifie à leur parcours, à leur réflexion. La scénographie reflète la confusion intérieure, le besoin de réconfort mais aussi l'étouffement des situations individuelles, des paroles, jusqu'à la libération, l'ouverture, l'aération. Tout concours à cheminer vers un message positif que l'on emporte avec soi, qui résonne plusieurs jours après.



En bref : Une écriture maîtrisée, une direction d'acteur juste, une belle scénographie. Un théâtre équilibré, maîtrisé, et qui questionne. A ne pas manquer

J'ai bien fait ? 
De Pauline Sales, avec Gauthier Baillot, Olivia Chatain, Anthony Poupard, Hélène Viviès


C'EST OU ? C'EST QUAND ? 

Avignon Off 2017

11 Gilgamesh Belleville 

samedi 22 juillet 2017

ET DANS LE TROU DE MON COEUR, LE MONDE ENTIER

RÊVES ET ANGOISSES DE POST-ADOLESCENTS
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Ils sont 6. Seuls ou en couple ils attendent un train. Les vies se télescopent sur ce quai de gare. Dorothy imagine qu'elle est à la décharge, lieu de promenade de prédilection de ses parents. Elle rêve qu'elle les précipite au fond du trou. Son ami Minou rêve de vengeance à l'encontre de son violeur. Bouli et Marcel se chamaillent gentiment. Le premier rêve d'ouvrir un commerce, le second exècre les études. Douglas est en retard.  Il croise la route de Dulcinée qui n'est pas une fille facile mais qui rêve du grand amour. Là-bas, au-dehors c'est la guerre. Contre des extrémistes religieux. Quel espoir pour ces jeunes personnes en quête de bien-être, de bonheur, d'écoute, de travail, d'une vie normale. Surgit Lila Louise. Elle revient de là-bas. Et dans un sale état.

Le texte est né d'une commande de Brunon Bonjean, metteur en scène de la compagnie Euphoric Mouvance à Stanislas Cotton, auteur belge dont l'écriture a une forte dimension sociale et politique. Ces jeunes qui rêvent d'émancipation, d'amour, de s'installer dans une vie plus confortable, qui attendent un train on les imagine dans notre banlieue, sur le quai de métro, du tram. Des jeunes d'aujourd'hui grandissant dans le doute, avec au loin les échos d'une guerre pour la démocratie qui semble néanmoins bien obscure. On sait qu'elle est là, pas si loin que cela, pour notre bien, mais elle ne nous touche pas vraiment. Enfin jusqu'au moment où...

"Je veux du rêve, des rires et des larmes. Je veux que ça gratte, que ça chatouille." dit l'auteur. Et c'est ce que projette le texte. Ecrit dans une langue riche, rythmée, le texte est âpre, laisse un goût amer, comme cette époque qui semble si grise. Entre la jeunesse qui se brûle à l'éternel trio sexe-drogue-musique avant de "rentrer dans le rang" il y a celle qui est sacrifiée sur l'autel de la guerre pour la liberté.

Les sept jeunes comédiens s'emparent du texte de Stanilas Cotton pour en faire un objet bouleversant, un théâtre qui interpelle. On ne peut que penser à Abu Ghraib, à l'Afghanistan, à la Syrie, à ces jeunes hommes et femmes qui reviennent traumatisés à vie du front du combat pour notre liberté. Cette jeunesse est-elle plus heureuse pour autant ? Loin de sombrer dans la déprime, malgré le malaise que provoque le spectacle sur ce qu'il nous montre de nous-même et de notre société, c'est un message d'espoir qui l'emporte.

La mise en scène est vive, la scénographie moderne, colorée. On sent tout le travail sur le texte et le travail corporel qu'ont mis en oeuvre ces jeunes comédiens que l'on va suivre de près et que l'on a hâte de retrouver. Ils sont énergiques, présents sur scène sur la totalité du spectacle, figurant la foule de ce quai de gare, un lieu grouillant de monde et où pourtant règne la solitude.

Et dans le trou de mon coeur, le monde entier, de Stanislas Cotton, mise en scène Bruno Bonjean assisté de Ariane Bernard, avec Gautier Boxebeld, Emma Gamet, Grégoire Gougeon, Lisa Hours, Nicolas Luboz, Laura Segré, Béatrice Venet, création musicale Gabriel de Richaud, scénographie et lumières Sylvain Desplagnes, costumes Céline Deloche

En bref : Un texte âpre. Sept jeunes comédiens qui portent avec énergie le regard des post-ado sur le monde qui les entoure. Du théâtre qui "gratte", qui dérange, qui interpelle, qui bouleverse et touche en plein coeur.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
11 Gilgamesh Belleville
11 Boulevard Raspail 84000 Avignon
Du 6 au 28 juillet 2017 - 10h25 - Durée : 1h35

GAINSBOURG CONFIDENTIEL

LE GAINSBOURG JAZZY
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On a tendance à l'oublier, mais avant d'être Gainsbarre, ce personnage provocateur qu'il s'était créé, Lucien Ginsburg a été Serge GAINSBOURG. Ses premières amours musicales étaient inspirées du jazz. C'est de cette période 1957-1963, celle des cinq premiers albums, que nous parle Jean-François BRIEU. Après avoir fait le crooner de piano-bar au Touquet ou dans des cabarets parisiens, c'est à partir de 1957 que l'homme à la tête de chou commence à déposer ses titres à la SACEM sous le nom qui le rendra célèbre, celui de Serge Gainsbourg.

La révélation lui vient en voyant Boris Vian. Il est séduit par le ton provocateur et cynique. La chanteuse Michèle Arnaud découvre ses premiers textes. Sous son impulsion il enregistre son premier album qui contient notamment "Le Poinçonneur des Lilas". Le début d'une carrière qui va marquer un grand nombre d'artistes français et internationaux.

Dans un spectacle émouvant, intelligent et sensible Stéphane Roux donne vie au texte de Jean-François BRIEU qui rend hommage aux débuts de celui qui faisait un complexe de son physique mais qui dama le pion à tous ses détracteurs. Stéphane ROUX, accompagnés de deux musiciens, interprète avec justesse et émotion des chansons extraites des cinq premiers albums, et notamment "Gainsbourg Confidentiel", fruit de la rencontre avec Elek Bacsik et Michel Gaudry. Un rappel savoureux de la période jazzy que Gainsbourg aimait tant. Peut-être son meilleur album, mais qui ne s'est vendu qu'à 1.500 exemplaires. 

"Gainsbourg Confidentiel est le disque de la nuit qui tombe. C'est le Mean Streets (ce chef-d'oeuvre imbibé et crépusculaire signé Scorsese) de Gainsbourg. C'est le disque de l'homme seul qui fume à la table desservie où elle n'est pas venue. C'est le disque jazz du milieu de la nuit, quand les traits se gonflent, quand les bouteilles sont mortes, quand les paquets de clopes vides sont jetés par terre" Jean-François Brieu

Gainsbourg Confidentiel, un récit écrit par Jean-François Briou, avec l'autorisation d'Universal Music, adaptation Magon, mise en scène David Fabre, collaboration artistique Gérard Vanbtaggioli, avec Stéphane Roux, musiciens : David Fabre (guitare) et Aurélien Maurice (contrebasse), lumière Franck Michallet

En bref : un spectacle pour les amoureux de bonne musique qui veulent se plonger dans l'ambiance jazzy des années 60 et savourer le Gainsbourg jazzy de ses débuts.

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
Théâtre du Petit Chien
76 Rue Guillaume Puy 84000 Avignon
du 7 au 30 juillet (sauf 19 et 26) - 19h10 - Durée : 1h

vendredi 21 juillet 2017

SUR LA ROUTE DE MADISON

POURQUOI ?
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Francesca Johnson vit dans le fin fond de l'Iowa, état agricole par excellence, surnommé "The corn state" (l'état du maïs). Épouse et mère dévouée elle se retrouve seule pendant 4 jours alors que son mari et ses enfants sont parti à Des Moines, la capitale de l'état, pour la State Fare, la plus importante et plus grande foire agricole des USA. Une solitude qui ne va pas durer car le premier soir s'arrête Robert Kincaid, un photographe pour le National Geographic, qui cherche un vieux pont couvert pour un reportage. Commencent pour les deux quatre jours d'une passion dévorante et sans espoir qu'ils n'oublieront jamais. Francesca restera dans l'Iowa tandis que Robert retournera à New York et de par le monde.

Le roman de Robert James WALLER a été adapté pour le cinéma par Clint EASTWOOD qui partage l'affiche avec Meryl STREEP, nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice pour ce rôle. Le film a remporté plusieurs récompenses dans le monde entier, y compris le César du meilleur film étranger.

Il fallait donc oser s'attaquer à ce chef-d'oeuvre de romantisme, de sobriété et de délicatesse. C'est Anne Bouvier qui s'attaque à la mise en scène de cette adaptation. Hélas ce n'est pas une réussite. Pourquoi avoir choisi de donner un accent à Clémentine CELARIE ? La comédienne semble concentrer toute sa concentration sur cette particularité donnée à son personnage en raison de son origine italienne. De fait elle en perd ses capacités de jeu et ne parvient pas à transmettre la complexité des émotions qui traversent Francesca, tiraillée entre sa loyauté envers sa famille et sa passion pour Richard qui est l'homme de sa vie et qu'elle n'oubliera jamais. Face aux faiblesses de cette direction d'acteur Jean-Pierre BOUVIER tire mieux son épingle du jeu, avec une interprétation plus naturelle de Robert, mais en tel décalage avec sa partenaire que le duo n'a pas de crédibilité. A aucun moment ils ne parviennent à faite oublier Clint EASTWOOK ni Meryl STREEP. A leur côté Gérald CESBRON a une présence anecdotique dans le rôle de Richard, le mari.

La scénographie est l'autre gros défaut de cette adaptation. Le plateau tournant imaginé pour représenter l'intérieur et l'extérieur de la maison nous donne le tournis à force de mouvement sans nécessité. Le mur étant transparent, nul besoin de faire pivoter le plateau pour nous monter le peu d'action se déroulant sur le perron de cette maison. Pour une fois on en regrette l'absence de vidéo qui aurait permis de visualiser ce pont couvert à l'origine de cette rencontre.

En bref : Pourquoi cette adaptation qui manque de tout ce qui fait le romantisme et la beauté du film de Clint Eastwood. Dommage pour les deux comédiens qui ont montré à de nombreuses autres occasions leurs qualités. On préférera revoir l'adaptation cinématographique

Sur la route de Madison, adaptation de Didier Caron et Dominique Deschamp d'après le roman de Robert James Waller, mise en scène de Anne Bouvier, avec Clémentine Célarié, Jean-Pierre Bouvier, Gérald Cesbron

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
Théâtre du Chêne Noir
8 bis Rue Sainte Catherine 84000 Avignon
du 7 au 30 juillet 2017 - 19h45 - Durée : 1h30

J'AI SOIF

NÉCESSAIRE TEXTE DE PRIMO LEVI
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C'est en 2010 que Serge BARBUSCIA a imaginé ce projet, initialement en version piano, à la demande du cycle Musique sacrée en Avignon. En 2016 il le reprend en version deux orgues à la basilique Notre Dame des Doms dans le cadre du Festival d'Avignon. Cette année c'est au Théâtre du Balcon qu'il en présente une version pour instruments à cordes.


C'est accompagné par trois violonistes et un violoncelliste venus de Corée que le directeur de ce lieu permanent d'Avignon déclame le texte de Primo LEVI. J'AI SOIF s'inspire de "Si c'est un homme". Les musiciens du Quatuor Classic Radio interprètent "Les sept dernières paroles du Christ en croix" de Joseph HAYDN, renforçant la puissance dramatique du texte.


C'est à la fois un concert de musique sacrée et l'écoute d'un texte majeur, empreint d'humanisme. Un texte nécessaire, qu'il faut porter partout auprès de tous les publics, pour ne jamais oublier. C'est l'objectif de Serge BARBUSCIA avec ce projet qui parcourt le monde et s'adapte à tous les lieux, à tous les pays, sans barrière de langue.

En bref : un accompagnement musical de qualité pour le texte de Primo Levi. Serge  BARUSCIA en livre la forte intensité dramatique. Pour ne jamais oublier.


J'ai soif, d'après Primo Levi et Joseph Haydn, conçu et interprété par Serge Barbuscio, avec le Quatuor Classic Radio de Corée du Sud

C'EST OU ? C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
Théâtre du Balcon
38 Rue Guillaume Puy 84000 Avignon
Du 7 au 28 juillet 2017 (sauf mardis) - 13h45 - Durée : 1h10

jeudi 20 juillet 2017

LE CHOIX DES AMES

UN TEXTE HUMANISTE
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Verdun. 1919. Raoul, agriculteur de Touraine écrit à sa mère depuis les tranchées. Garçon un peu simplet, troisième et dernier fils de la famille il est parti au front pour venger ses frères morts pour la France. Dans la tranchée en face Franz, violoncelliste, écrit à sa femme que tout va bien et que le moral est très bon, mentant pour ne pas lui faire peur. Lorsque l'offensive est lancée pour sortir de cette guerre de tranchées ils se retrouvent ensemble prisonniers d'un trou d'obus. Le destin de deux soldats au cœur d'une guerre qui les dépasse.

Les deux soldats d'armées ennemies ne pourront s'en sortir qu'en s'aidant l'un l'autre. Franz, humaniste, musicien cultivé, va devoir en convaincre Raoul, inculte et paysan, une personnalité plus "brut". Pendant les heures qu'ils vont passer au fond du trou c'est d'abord l'affrontement, la méfiance. Franz blesse Raoul à la jambe. Au milieu du chaos les deux hommes vont affronter leur peur de l'autre, de l'ennemi, comprendre qu'il est aussi un homme avec ses joies, ses espoirs, ses peines. Ils devront dépasser leurs différences pour apprendre à faire confiance à l'autre, élever leur âme pour se détacher de la haine des hommes.

Le texte de Stéphane TITECA n'est pas "encore un autre texte sur la Première Guerre mondiale". C'est un prétexte historique pour parler du vivre ensemble. Ces deux hommes coincés au fond d'un trou on le choix entre rester sur leurs préjugés et mourir au fond de ce trou, de cette tombe, ou ouvrir leur esprit et leur âme à l'autre, essayer de le comprendre, lui faire confiance, être dans l'entraide pour vivre.


Alexis DESSEAUX et Stéphane TITECA sont magnifiques. Grâce à une scénographie bien étudiée et à une bande-son efficace le spectateur est plongé dans l'enfer de Verdun. Le souci de réalisme est poussé loin. Ainsi après l'explosion qui les pousse dans le trou ressentons comme eux les acouphènes consécutifs à l'explosion. 

L'âme c'est une petite pièce en bois qui transmet les vibrations dans l'instrument. Sans elle le violoncelle aurait une sonorité sourde et vide.

En bref : Un spectacle humaniste qui s'appuie sur un épisode de la Première Guerre mondiale. Une belle écriture, une interprétation exemplaire. Un très beau moment d'histoire et de théâtre. A ne pas manquer

Le choix des âmes, de Stéphane Titeca, mis en scène par Valérie Lesage, avec Alexis Desseaux et Stéphane Titeca, scénographie Danièle Marchal, musique, ambiance sonore et lumière : Guilaume Druel

C'EST OU ?  C'EST QUAND ?
Avignon Off 2017
La Luna
1 Rue Séverine 84000 Avignon
Du 7 au 30 juillet 2017 - 15h45 - durée 1h10